Lundi 23 novembre 2009
Envie de mettre une photo. Et d'accompagner la photo. Avec une citation.

Une âme guerrière est maîtresse du corps qu'elle aime.
                                                      Jacques-Bénigne Bossuet


Vous remarquerez qu'il s'agit aussi d'aimer. Positivons. Positivons.
Enfin, tout dépend de quelle signification on donne à "maîtresse".
Par Maora Loon - Publié dans : Instantanés
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Lundi 23 novembre 2009
I'm going down. Again.

Substance paraoïde : ma mère. Je la hais. Elle me surveille. Je le sens. Quand elle me touche je veux me jeter à sa gorge. Carotide. Sang. Elle me regarde. Je ne peux pas lui tourner le dos sans sentir son regard qui me juge. Qui me pèse. Je sais que c'est faux et ça me désespère. Car j'ai l'impression de devenir folle. Je me sens folle. Je suis folle.

Et puis, je leur ai donné raison. Trois semaines sans AD : rechute. Je me sens de nouveau coincée, sans option. J'ai envie de leur crier à tous, que je suis là, de nouveau. Je me sens associale. Je ne sors plus : je n'ai plus rien d'organisé. Il faut que je prévoie un truc, et vite. Ce week-end j'ai un mariage auquel je n'ai pas du tout envie d'aller. Demain, je vois ma thérapeute, ce qui, vu mon état, risque de ne pas être agréable du tout. Mais bon. Je vais tenir le coup. Parce que je ne suis plus toute seule. Parce qu'il y a des gens - une personne surtout - pour qui j'ai envie de ne pas plonger. De ne pas replonger.

J'ai envie de vomir. Mais je ne vais pas y aller. Enfin peut-être. Je ne sais pas. On verra.

Et puis, je crois que je vais me nourrir plus que de chocolat. Enfin, matin et midi. Le soir je ne pourrais pas. Surveillance maternelle oblige.

ça va aller mieux. ça va aller mieux de nouveau. Je veux devenir thérapeute et pouvoir dire à mes patientes : j'étais boulimique, dépressive-suicidaire et paranoïaque.

Je vais aller mieux. C'est promis.
Par Maora Loon - Publié dans : Moi
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Vendredi 20 novembre 2009
Il a dit, et je ne l'ai pas inventé :

"Parlez moi des 25% de jeunes filles en surpoids et je vous parlerai des 2% d'anorexiques"

Connard, j'ai envie de dire. En plus, j'aime pas ce que tu fais. T'es rococco, tu transpire le narcissisme par tous les orifices. Quand tu prends la parole ça me donne envie de pleurer et de rire à la fois. Lagerfeld, tu ne sert à rien.

Moi je vais te parler des 90% de femmes mal dans leur peau. Tu crois qu'il y en a combien, parmi elles, qui soient particulièrement maigre ou particulièrement grosse. Connard. Mais Connard. Mais connard.

En fait, ce soir, je suis en colère.


Parce que je me balade sur des blogs. Des blogs de filles comme moi, ou presque. Mais ne pas s'aimer, se trouver grosse est une chose. Refuser aux autres le droit de s'apprécier comme elles sont en est une autre.
Par Maora Loon - Publié dans : Correct Me If I'm Wrong
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Jeudi 19 novembre 2009
Je n'arrive pas à dormir alors je pense. Ou je pense et donc je n'arrive pas à dormir. Je ne sais pas dans quel sens ça va. En plus, ma chambre surchauffe chaque fois que l'on fait un feu de cheminée car le conduit passe dans ma chambre, ce qui n'aide pas.

Alors je ressasse. Je ressasse ma colère.

Je la plie, je la déplie, la replie sous toutes ses formes possibles.

Je réalise que je n'ai pas l'occasion de l'exprimer souvent. Alors j'imagine les erreurs que l'Autre pourrait faire pour me donner un prétexte pour sortir de mes gonds. Un appel téléphonique de mon père. Une trahison de ma belle-mère. Un placement volontairement injudicieux au mariage de ma tante. Tout ce qui pourrait me permettre de sortir toute mon agressivité, sur eux, et pas sur moi.

Piétiner mon portable. Hurler. Prendre le train et rentrer chez moi sans assisster à la cérémonie.

Tout ça tourne autour de mon père. L'appel téléphonique qui serait sa faute à lui et à lui seul, la trahison de ma belle-mère qui viendrait avec lui à un rendez-vous que nous n'aurions que toutes les deux, ou encore ma tante qui me placerait volontairement à la même table que lui à son mariage, parce qu'il faut bien discuter pour régler un problème, n'est-ce pas? Pour les deux derniers, ma colère aurait deux autres supports : ma belle-mère, et ma tante. Mais pourquoi elles? Pourquoi est-ce que je m'imagine avoir à être en colère contre elles? Pourquoi est-ce que j'ai envie de leur en vouloir?

Ma belle-mère, c'est facile. Des années durant, elle a été complètement dingue de mon père. Mais pas seulement en tant que mari, non, elle trouvait qu'il était aussi un père fabuleux. Connasse. Pardon. Ça m'a échappé.  Ça lui a passé maintenant. Ou en tout cas, elle ne m'a pas dit depuis des années "Mais qu'est-ce que tu lui reproches à ton père, il est merveilleux, tu as de la chance!". Des fois je ris toute seule en me disant que les gens parfois doivent s'imaginer des choses pas possibles pour que je lui en veuille autant. Je pense que ça a traversé l'esprit à plus d'un, par exemple, qu'il aurait pu me violer. (Je met ce mot à contre-coeur, il me répugne.) Mais non. Pas du tout. Il était toujours avec ma soeur et moi l'homme chaleureux et agréable, parfois un peu (beaucoup) stressé que n'importe qui croise dans la rue. Sauf quand il se mettait en colère. Mon père en colère, c'était un homme violent. Il ne nous battait pas. Il ne nous a jamais battues. Mais il respirait la violence. Ses yeux changeaient. Son corps semblait se tendre d'un bout à l'autre, prêt à bondir au moindre mot, geste de travers. Mais non. Mais non. Ses msins n'ont jamais battus d'autre chose que l'air malgré et les menaces de punitions que nous lanceaient sa bouche nous atteignait rarement. J'avais horreur de mon père en colère. J'avais peur. Très peur. J'ai toujours eu peur. Ce n'est pas parce que un jour je me suis mise à crier à mon tour face à lui que je n'ai plus eu peur, non. Mais il est vrai que face à lui, quand je crie, je prends de l'assurance. Car quand je suis face à lui, et que mes yeux se remplissent de haine, et que mon corps se tend comme le sien, et que mes bras frappent et frappent et frappent encore l'air et que je suis debout face à lui, en le regardant de haut malgré mes trente centimètres d'infériorité, il prend peur. Et sa peur me permet d'avoir moins peur. Mais de quoi a-t-il peur, au juste? Ou plutôt, de quoi avait-il peur, car ce genre de situation n'est plus arrivée depuis bien longtemps. De quoi avait-il peur? De me voir ainsi hors de moi? De voir qu'il avait fait de moi ce qu'il était lui-même? Ou peut-être même qu'il s'avait déjà qu'un jour je lui en voudrai de cet héritage?

Non. Certainement pas. Il n'est pas encore capable de comprendre ça maintenant. Mais il avait peur, c'est sûr. Peut-être de perdre une autorité qu'il n'avait jamais eu. Car faire trembler quelqu'un, ça n'est pas avoir de l'autorité. C'est planter les graines de la haine ou d'une peur froide et qui dure. L'autorité se mérite, la colère cherche à la voler mais ne réeussit qu'à la détruire un peu plus chaque jour.

Mais il y a encore quelque chose de nouveau dans la colère à laquelle j'ai pensé ce soir, dans ma colère, je veux dire. Un autre moyen de l'évacuer, qui n'avait absolument pas été imaginé pour le moment. Un moyen qui ne blesserait personne et qui ferait beaucoup de bien. Malheureusement le genre de moyen qui nous tombe dessus par hasard et que l'on ne peut pas aller acheter au super-marché comme on achèterait cinq quatre-quarts et trois litres de lait, non, un vrai moyen. Un moyen avec des cheveux en batailles. Un moyen. Un moyen. Je suis trop pudique pour en dire plus.

Il fait de nouvau plus frais dans ma chambre. J'ai ouvert la fenêtre en allant chercher mon ordinateur. Espérons que cette fois je réeussirai à dormir.
Par Maora Loon - Publié dans : Moi & Les Autres
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Mercredi 18 novembre 2009
Ceux qui m'ont fait mal hier, ou avant-hier, l'on fait sans le savoir, sans le faire exprès. Une personne un peu plus saine d'esprit, un peu moins sensible que moi n'aurait jamais réagi aussi fort. Mais moi, je me suis retrouvée submergée par une bouffée d'émotions : honte, remords, culpabilité - totalement injustifiés. C'est à moi que j'en voulais hier. Je me suis sentie nulle, incapable, mal à en crever. Mais ça n'a pas duré. En fin de soirée ça a passé.

C'est là que je vois le progrès, surtout. Et c'est clair que en plus du fait que ça aie passé dans les quelques heures qui ont suivi, tout seul, sans que j'aie besoin de l'exterioriser en le marquant sur mon corps, ça n'est pas rien.

ça a passé parce que en ce moment je suis réellement en train de me reconstruire, la gestalt-thérapie, que je suis va au delà d'une simple discussion thérapeute-patient, c'est une véritable rééducation émotionnelle. Les cours de violon, que je prends, me permettent d'évacuer des choses quand j'en ai besoin. Le tricot, parce que je tricote, me permet de me concentrer sur une seule chose à la foi, ce qui n'est pas évident. Tout ça, ce sont les choses que je vois qui ont fait que j'en suis là aujourd'hui, mais ça n'est sans doute pas tout.

Tu sais, Anne, il y a quelques mois, j'avais fait, juste comme ça, des auto-évaluations sur internet portant sur les troubles de la personnalité.  Il y en a dix, je crois. Les évaluations que j'avais faites, basées sur le DSM-IV, m'en attribuaient 5, sur 10. Paranoïaque,
schizoïde, border-line, évitante, obsetionelle-compulsive. Aujourd'hui, si je les refesais, je pense que je ne serai plus qu'à 2 : paranoïaque et schizoïde. (petit HS au passage : c'est pour ça que je pense que la notion de "diagnostique" n'a rien à faire en psychiatrie, car il colle un étiquette et n'aide en rien à aller mieux)
Ce que je veux dire en parlant de cela c'est que l'on ne se rend parfois pas compte, quand nos actions, nos sensations, nos perceptions, sont déformée, et sont carrément anormales par rapport à celles des autres, ce qui évidemment rend la communication, l'échange difficile. Je ne sais plus pourquoi je dis ça, il y avait sans doute une raison à la base, mais je l'ai perdue. Tu en feras ce que tu veux.

Et puis, Anne, je veux te dire un truc très personnel. Non, ça n'est pas disproportionné ce que tu me dis. Ce blog est le seul endroit ou je me permet d'être moi-même, ou je suis capable d'être moi-même, sans retenue, sans devoir en rajouter. Et je pense que ça n'est pas loin d'être la même chose pour toi. Alors, mine de rien, c'est un peu normal que l'on se sente proche. Car même si on ne s'est jamais vues, même si on aucune idée de ce à quoi ressemble l'autre physiquement, on lit régulièrement ce que chacune écrit sur soi-même, et si ces blogs sont vraiment là ou on est le plus nous, c'est normal que l'on se sente proche, non? (gloup, faut suivre..)
Je sais que tu lis ce que je suis. Tu sais que je lis ce que tu es. On se connaît parce que l'on sait que l'on écrit ce que l'on est.




Alors, non. Rien n'est perdu. Tu va y arriver. Tu vas aller mieux. Laisse le toi, le temps de tatonner, et puis de trouver.
                                                                                                Je t'aime, et la vie est belle, et on va y arriver.

Par Maora Loon - Publié dans : Moi & Les Autres
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Qui suis-je?

  • : 05/06/2009
  • : Maora. Pas vieille -jeune, même. Une certaine expérience des TCA (pour ne pas dire une expérience certaine). Des interrogations. Des doutes. Un conflit permanent entre moi et moi-même. Et là-bas, au loin, la promesse d'un avenir plus doux. so.i.could.be.lovely@gmail.com

...

°Je serais enchantée
que vous me signaliez
les fautes de frappe et
d'orthographe repérées°

D'autres bouffées d'émotions :

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