Lundi 7 septembre 2009
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23:46
Pfff. Je vais mieux. Je vais bien, même. Maintenant, j'en ai la certitude : je ne veux qu'une chose, c'est guérir. Sans faux-semblants, sans fausses manières. Côté alimentaire, ça va. Ça va bien
même. Je dirai même plus : cela va très bien. Pas une seule crise depuis plus d'une semaine et demi. Et même quand il y en a, ce n'est pas vraiment des crises, plutôt des compulsions. Et puis, je
ne vomis pas. Ou très peu. Je n'ai plus la motivation pour ça. Je cherche à juste me laisser manger à ma faim. Arrêter de considérer mon corps comme un ennemi qui fait tout pour m'anéantir, mais
plutôt comme une partie de moi qui a ses besoins, et qui se portera très bien si on les satisfaits. Et si il se porte très bien, c'est un bon début pour aller mieux. C'est vrai, c'est pas tout rose
tous les jours. Il y a eu des moments ou je bouffais limite comme une hyperphage. Mais ça a passé. Je ne sais pas trop comment. Je suis rentrée de l'hosto, en trois jours ça s'est stabilisé. Je
n'ai as envie de manger quand je n'ai pas faim. Je ne ressens pas non plus le besoin de me priver. Je me laisse juste vivre. Là, par exemple, il y a dans mon frigo un superbe reste de gâteau au
chocolat mousseux, oeuvre du patissier de mon village. Il y aussi une tablette de chocoalat à l'orange. Des biscuits. Des céréales. Et certainement pleins d'autres choses dont j'ignore
l'existence puisque depuis trois jours que je suis sortie de l'hôpital, je n'ai pas eu à un seul moment, l'idée d'aller fouiller dans mes placards.
Et puis...Je n'ai vraiment plus envie de souffrir. Je n'ai même plus envie de mourir. En fait, j'ai envie de vivre. Ça me fait terriblement peur, mais c'est ce que je veux. Bon, je le veux mais je
ne suis pas prête à tout faire d'un coup. L'école, par exemple. J'ai été incapable de me présenter à la rentrée scolaire. Rien que de m'imaginer devant le portail me tétanisait. Alors, je n'y suis
pas allée. Et je n'irai pas. Je devais rentrer en terminale. Et bien, je vais la faire quand même. Avec le CNED. Et histoire de ne pas tro me désociabiliser, je vais à la fac en auditrice libre,
quelques heures par semaine. Oui, l'idée du lycée me pétrifie, celle de la fac me réjouit. Apparement, cela étonne certaines personnes quand je le dis, mais je ne comprends pas. Pour moi, l'un et
l'autre sont complètement différents. Mais je ne suis pas là pour parler de ça.
Enfin bref. Pour moi, ça va bien, ces jours-ci. Et du coup j'ai une espèce de gêne qui apârait. Vis à vis des autres blogueuses que je visite. Merde. Moi ça va et pas elles. Je sais, c'est normal.
Enfin, c'est même pas une histoire de normalité, c'est un fait. Je vais mieux. Pas elles. Mais je me sens mal par rapport à ça. C'est pas que je m'en veuille d'aller mieux, oh que non...c'est
plutôt que...je me sens impuissante. J'aimerai tellement pouvoir aider en quoi que ce soit. Pouvoir...je ne sais pas moi...Enfin si, je sais. Je sais que concrètement, je ne peux pas faire grand
chose.
Bon. Je me tais. Je me suis laisser aller à mes pensées. Ça n'a certainement pas de forme, mais le fond est sincère. Et je ne veux pas être la petite pétasse qui s'en est sortie (d'autant que je
suis encore loin d'être sortie de l'auberge -
la dernière fois que je suis sortie de l'hosto, ça a duré une semaine) et qui étouffe les autres avec sa bonne humeur et ses discours à la
con. Je ne serais pas cette petite conne. Il faut me le dire si je deviens cette petite conne. Vraiment. J'y tiens.